samedi 30 septembre 2017

222 West [1]



https://www.youtube.com/watch?v=mmWZOsVtqR0

222 West.
23eme rue.
Chambre 222.
Je ne sais pas combien d’années se sont écoulées.
Tu peux toujours courir en avant, jamais tu n'échapperas à ton karma.

Regarde-toi en détail dans le miroir de la salle de bains. Tes yeux. Tes poches noires. Tes nouvelles petites, infimes rides qui te strient doucement, en profondeur, comme des clous rouillés dans tes veines bleues. Tu t'approches de la glace en tirant sur ta peau entre tes doigts. Ton reflet ne peut pas mentir. C'est même l'unique chose qui ne peut pas mentir. Et la vérité, c'est que tu fanes. Tu t'endors. Tu t’encroûtes dans ton biz. Is everybody in ?
Tu te regardes dans le miroir et tu te dis en observant tes lèvres bouger avec une légère latence : c'est pourtant moi je t'assure. Regarde, ce sont mes yeux dans le miroir. Tu sais bien que rien n'est vrai. Que tout est faux. Tu le savais depuis toujours en fait, mais sans l'éprouver en vrai. Dans la chair. Carpe diem. C'est pourtant moi je t'assure. Tu t'approches de la glace en tirant sur ta peau entre tes doigts. L'identification est formelle. Nous sommes déjà en phase de reprogrammation. Rien n'est fini. Tout commence. Rien n’est faux, tout est sample. Free-party dans une usine désaffectée. Ladyboys voluptueuses dans une pagode Thaï. La pluie battante dans une rue virtuelle d'Osaka. Des sushis violets à Amsterdam. Des salles de jeux clignotantes à Bangalore. Du double zéro à Tanger. Des hurlements à Barcelone. Des voix espionnes dans la narration. Dans la salle de bain de l’hôtel de Manhattan.

Je me regarde. Je suis là. Dans le grand miroir de la salle de bain. Chez moi. Je ne suis plus mon avatar. Le cirque est fini. La parano aussi. Mes téléphones sont éteints, j’ai dû poser ceux qui restent à côté, ou dans mon sac, je ne sais pas vraiment où ils sont et je m’en fous. Les autres ont déjà fini à la poubelle de l’aéroport.
Je me regarde. Je suis calme (tu peux me trouver dans le vide entre les mots).
Je suis le seul à savoir où je suis.
Ça serait presque parfait.
 
(…)

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