mercredi 3 juillet 2013

Feu !


Sa colère grandissait à mesure qu'il regardait, qu'il revoyait les photos, les vestiges,les ruines d'une autre vie. Malgré le temps, sa rage ne s'éteignait pas. Le grésillement désagréable des souvenirs diffus s'exposait là sous ses yeux. Rouge. Il entendait souvent des cris, des pleurs au fin fond des ruelles alentours. Il pouvait discerner encore sa voix douce quelquefois et puis, regardait son reflet dans son bol noir de café. Seul. Il fallait s'extraire. Ailleurs. Une cabane, une hutte en forêt. En montagne. Une autre ville. Sentir mon sang battre dans mes veines. D'autres noms de rues. Décider de la destination d'un coup de dé. Pourquoi pas trouver le nom d'un love-hotel, ou aller en boîte boire des gorgées de GHB ? Toute cette tristesse, cette mélancolie qui habillait les jours et les nuits, il n'en pouvait plus. D'un air gêné, il repoussait la tasse. La soupe réminiscence l'écoeurait. Non. Merci. Il avait assez donné. Elle avait fait ce qu'elle voulait. Elle pouvait bien faire ce qu'elle voulait. Et pouvait aussi bien disparaître dans les nuages. Il constatait, depuis si longtemps. Dans le ciel, le soleil éclaircissait l'horizon. Se lever.

A partir de ces images encore très nettes, il repoussa soudain le radeau. Lee Perry avait bien cramé son studio. Cet album, ces affaires, cet appartement, cet environnement. Tout. Il y mit le feu.


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