lundi 1 juillet 2013

Vide un jour [hex. 40]





Fade. Terne. L' encéphalogramme à plat. Cadenassé. Les dents serrées. Mortel ennui. Noir et blanc. Une coupé à fond, rêves de casino, nuits blanches, les planches, gouttes, piano, l'aube, la rosée sur la ville fantôme. Tout cela n'est que rêve. Fade, terne et cadenassé. Le soleil grince.

Le fade est une teinte éteinte. Une teinte incertaine. Tu n'es pas aveugle. Tu n'es pas de pierre. Pourtant qu'il est doux de dormir le songe de pierre dit le poète. J'aimerais qu'on retienne mes vers. Tu es vivant et ce que tu sens, dans ce lent désœuvrement des sens, ce long ennui, ce rien, c'est le vide. Le vide qui se délite peu à peu. Le corps qui pourrit. La respiration qui siffle. L'insidieuse entropie (Fumer tue/mélanome tumeur & cancer/boire tue/mélanome tumeur & cancer/manger trop gras tue/mélanome tumeur & cancer/sortez couverts/ le Sida tue/mélanome tumeur & cancer/manger cinq fruits et légumes sinon/mélanome tumeur & cancer/votre programme manger et bouger/sans OGM/votre programme pour votre sécurité/sans parabens/mélanome tumeur & cancer/sous surveillance vidéo/pollution aux particules/sans BPA/jambon glucose sous plastique/pas trop de sucre/diabète/chips saveur poulet grillé/pas trop de sel/sans aluminium/ hypertension/pas trop de ci/sans agents de textures/pas trop de ça/sans huile de palme/ c’est l’abus qui remue/contagion/mélanome tumeur & cancer/cette question enfouie au fond des rings monoxydes ; qui aura son cancer le plus tard ? Qui l’aura le premier. Et qui ne l’aura pas.) → Ton entropie.

Tu es au centre. 
Au centre de rien.

Le soleil disparaît de l'autre côté. Le froid est plus prenant. Tout autour, du blanc. Les formes perturbées, sculptées dans le volume ― massif ― se détourent avec la lumière rose en pointillé. L'air presque glacial ― flash : cristal avait dit Z un jour sur les trottoirs qui redoublaient de verglas et nous de lenteur dans les brumes vaporeuses d'une fin d'après-midi enfumée. Les cris s'espacent. Quelques silhouettes aux balcons. Des fumées bleues. Tu es au centre. Au commencement, rien. Feu-follets. Sur les lignes invisibles des pages blanches s'inscrivent des tomes d'histoires rêvées. Rien résonne. Rien aligne du
Rien à la ligne.
Vieilles mélodies, radio nostalgie. Rien alanguit. Rien vieillit. Énigme. En quatre lettres, le néant en chose. Le show du néant, l'an rien envers tout, l'en-dehors de la forme et son intérieur. Du rien avec un trait joint autour, une forme. Tu sais ce que c'est le vide. C'est un après-midi à ne rien faire.

Réseau des mutations. Un coup de dé. Trois ternes à la suite. Rien ne va de paire, je dois ma chance aux nombres impairs. Mais l'aujourd'hui gris glisse glauque sous ma mouche gauche. Rien se dévide à l'encre du bic cassé. Banlieue. À l'encre des vides cachés. Noirs. Dessins légers, bout de baguettes sur le sable. Blanc. Le gouffre de 11 kilomètres au moins sous la mer. Perdu. L'eau pique du venin des méduses. Isolé. Flèche. Liquide en épanchement sous-cutané, le poison du néant, tubes & tuyaux, poisson géant, s'est placé en feuillage, implantation, fines parois blafardes, le germe du vide niché que l'on voit au nicol nimbé d'or, le nifé du nib, meurtre sur le Nil, vieux rêves au pied des pyramides sous la paupière nictitante, je vole térébrant dans le morne abandonné. Terne. Blême. Le dé clique. Terminus.
Livre des mutations, au bout du jour, les baguettes s'annulent, crépuscule, des traits, faisceaux, lecture de la carapace, rayons, l'être ne fait pas ce qu'il veut, il est freiné. Son action est gênée et se fait au ralenti. Tension nerveuse et troubles digestifs. Savoir où l'être doit mettre les pieds, puis se remettre en marche, renversement, un cafard, le nifé du nib, ou un scorpion, sur une fenêtre, présage, clair de lune, re-start, l'instant de l'instant, la logorrhée du rien, l'extinction de la liberté, l'enfer infernal, le ruisseau tortueux noué autour des pierres du ravin, à pic, les arbres bruissent, tu vomis, éructes, gerbes, sphincter que tu es, le ciel se nuage à morsure que tu, et que tu, et que tu.

Le soleil se couche & l'hexagramme caché indique : l'hirondelle arrive.





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire